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F. Jacques, Ecrits Anthropologiques, Philosophie de l'esprit et cognition

Paris : L'Harmattan, 2000


L'anthropologie scientifique est plurielle. L'identification des gênes par le généticien grâce au séquençage du génome ne problématise pas l'humain de la même façon que l'ethnologue qui cherche à penser ensemble la mondialisation de la culture et le respect des différences. Comme ses principes explicatifs reposent sur la réduction du complexe au simple, une première alternative se fait jour. Faut-il disjoindre la nature et l'homme qui deviennent étrangers. Ou bien réduire l'humain au biologique et de là au physique ? dans les deux cas, il devient impossible de poser la question du sens sauf à dire que cette question, qui n'est pas un problème, relève de l'arriération ou de la débilité mentale.

Qu'est-ce que l'homme comme objet de science ? Cette formulation est dénoncée par l'anthropologie scientifique comme l'amnésie à combattre, celle qui fait toujours oublier qu'il y a un sujet de toute objectivation : ´Si l'on suppose un air de flûte dit Socrate, il faut également supposer un musicien'. Mais encore, demande l'anthropologie théologique, qu'est-ce que l'homme en tant que créé, eu égard à son origine divine, haute puissance de primitivité ? Seconde alternative : la division entre anthropologies est-elle une survivance historique en passe de résorption ou une diffraction productive ? Penser l'homme, à quelle instance cela revient-il ? Cette question préalable est à la clef de ces Ecrits.

Cíest la différence de leur modalité interrogative qui fait le sérieux du pluriel des anthropologies. Une philosophie de la nature fait retour aujourd'hui, qui rétablit la légitimité de l'analyse causale des processus naturels. Elle suppose que l'on peut interroger la nature même, y compris sur les opérations de l'esprit en restituant ce qu'il en est. Mais l'homme est tel qu'il est dans son être question de son être. Troisième alternative. Va-t-on reconnaître ou effacer la spécificité anthropologique au sein des grandes régions de la réalité ?
Ces trois alternatives sous-tendent le questionnement sur líhomme aujourd'hui. La vie et la mort de l'homme ne sont pas que des problèmes, car leur phénomène premier est de nous trouver sans réponse à leur question. Pour l'heure, il appelle des critiques et des reformulations consenties. Ainsi la recherche de la personne -ce que l'humain a à être- est à la jonction de trois anthropologies. L'enjeu de ces écrits d'allure dialogique apparaît. Un rapport multiple à la vérité, dont on ne peut ni affirmer ni souhaiter qu'il s'uniformise.
  
F. Jacques 


compte-rendu de l'ouvrage 


    Table des matières (titres principaux)
    Liminaire : Anthropologies/ Anthropologiques

    I. L'AVEU DE LA PERSONNE

    Lévinas ou la double allégeance. Etude critique  (Texte 1)
    Comprendre. Le paradoxe de Narcisse (Texte 2)
    Une existence dans le temps (Texte 3)
    La réciprocité interpersonnelle (Texte 4)
    Eduquer la personne (Texte 5)

    II. COGITATIO ET COGNITION  

    Introduction (Texte 6)
    L'analyse des énoncés contenant des prédicats mentaux (Texte 7)
    Interpréter (Texte 8)
    Au risque de l'interprétation. En écho à Ivan le terrible (Texte 9)
    Identité personnelle et ego interrogans (Texte 10)
    Relativité linguistico-culturelle et structuration catégoriale (texte 11)
    Deux questions disputées (Texte  12)
    Philosophie de la nature et/ou anthropologie philosophique ?  (texte 13)

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